Normes de salle de bain et douche PMR

Salle de bain et douche aux normes PMR

Vieillir chez soi, récupérer après une blessure, vivre avec un handicap visible ou non : la salle de bain est souvent la première pièce à adapter. Une salle de bain PMR (personne à mobilité réduite) en habitation privée ne se limite pas au fauteuil roulant. Elle concerne aussi les seniors, les personnes utilisant un déambulateur, les femmes enceintes ou toute situation de perte d’autonomie, même temporaire. L’enjeu est double : garantir la sécurité domestique tout en conservant un espace agréable à vivre.

Le cadre légal : obligations dans le neuf vs rénovation

Construction neuve et loi ELAN

Depuis la loi ELAN de 2018, les logements neufs ne sont plus immédiatement accessibles, mais doivent être évolutifs. Concrètement, la salle de bain doit permettre une transformation simple, sans gros travaux, pour devenir accessible.

On parle de zone de douche adaptable (cloisons démontables, siphon de sol prévu) et non forcément accessible dès la livraison. Cette nuance est essentielle : l’adaptable anticipe le handicap, l’accessible y répond immédiatement.

Cette loi est venue modifier la loi Handicap de 2005 en n’imposant plus que 20% de logements neufs en bâtiment collectif pleinement accessibles (contre 100% auparavant) et 80% de logements « évolutifs ».

Cela concerne les logements neufs destinés à la vente ou à location, mais en aucun cas ceux construits pour son propre usage. Pour ces derniers, il n’y aucune obligation.

Rénovation de l’habitat existant

Dans l’ancien, aucune norme PMR n’est juridiquement imposée. Pourtant, suivre les règles d’accessibilité reste vivement conseillé. Elles améliorent l’ergonomie, facilitent la revente et conditionnent souvent l’obtention d’aides comme MaPrimeAdapt’ ou les subventions de l’ANAH.

Même si cela n’est pas obligatoire, mettre la salle d’eau aux normes PMR reste une bonne idée, car le vieillissement de la population ne fait que s’accélérer. Que ce soit pour vous ou vos proches, il y a fort à parier que l’investissement se révèlera, tôt ou tard, judicieux et rentable.

Les règles d’or de l’aménagement d’une salle de bain PMR : espace et circulation

Les normes en vigueur sont établies par la loi « handicap » de 2005 en grande partie et par les décrets qui ont suivi :

Aire de rotation

Le fameux cercle de giration de 1,50 m de diamètre permet à un fauteuil roulant de tourner sur lui-même, comme une toupie. Idéalement, cette zone d’usage se situe au centre de la pièce ou devant la douche et le lavabo.

Accès et passages

Une porte de 90 cm minimum offre un passage utile de 83 cm, seuil minimal pour le fauteuil roulant. L’ouverture vers l’extérieur est recommandée en cas de chute. Tout ressaut supérieur à 2 cm est à proscrire pour garantir un accès de plain-pied.

Sécurité des sols

La surface antidérapante est non négociable. Les revêtements doivent respecter une norme de glissance adaptée (classe C ou PN 12/18) afin de limiter les risques de chute, première cause d’accident domestique.

Normes PMR détaillées de la salle de bain

La douche

les normes spécifient de nombreux points :

  • Les dimensions minimales recommandées sont 1,20 m x 0,90 m, avec une hauteur sous plafond de 2,20 m.
  • La douche zéro ressaut, dite douche à l’italienne, reste la référence. Lorsque l’encastrement est impossible, un receveur extra-plat (4cm maximum de ressaut) avec pompe de relevage constitue une alternative crédible, à condition de conserver une pente douce vers le siphon de sol.
  • Revêtement de sol antidérapant.

Certains équipements sont recommandés, mais non obligatoires. Parmi ceux-là, le siège de douche escamotable se positionne à 45–50 cm de hauteur. Les barres de maintien, droites ou coudées, se placent entre 70 et 80 cm du sol. Côté robinetterie, le mitigeur thermostatique à corps froid, équipé d’un levier démultiplié, réduit le risque de brûlure et facilite la préhension.

Les WC intégrés à la salle de bain

Là aussi, l’installation doit répondre au besoin d’accessibilité des PMR :

  • La hauteur de cuvette recommandée est de 45 à 50 cm, abattant compris.
  • À côté, un espace de transfert latéral de 80 x 130 cm doit rester libre.
  • Une barre d’appui relevable et une chasse d’eau facile à actionner complètent l’aménagement PMR, notamment lorsque la cuvette est fixée sur bâti-support.

Accès au point d’eau

Le lavabo PMR est suspendu ou monté sur console.

Il laisse un vide sous vasque de 70 cm de hauteur, 60 cm de largeur et 30 cm de profondeur pour le passage des jambes. Le plan supérieur se situe entre 80 et 85 cm. Le miroir, inclinable ou positionné bas (bord inférieur à 1,05 m), doit rester visible en position assise. Prises et interrupteurs sont idéalement placés entre 0,90 et 1,30 m.

Au-delà du standard : éclairage, contrastes et domotique

Adapter une salle de bain PMR, c’est aussi penser au handicap visuel ou cognitif.

Un éclairage homogène, sans zone d’ombre ni éblouissement, améliore la perception de l’espace. Les contrastes visuels sont essentiels : une barre de maintien sombre sur un mur clair se repère immédiatement.

La domotique apporte un vrai plus : détecteurs de fuite, éclairage automatique, commande vocale ou capteurs de chute renforcent l’autonomie et la sécurité.

Exit l’image “hôpital”. Béton ciré antidérapant, bancs en teck, robinetterie noire mate, barres d’appui design. Le design inclusif permet de créer une salle de bain pleine de classe, pensée pour tous les usages, aujourd’hui comme demain.

La sécurité n’empêche ni le confort d’usage ni l’élégance.

Financer son projet d’adaptation

MaPrimeAdapt’ regroupe désormais les principales aides à l’adaptation du logement. Elle peut être complétée par la PCH, l’APA ou, selon la législation en vigueur, un crédit d’impôt.

Le recours à un artisan qualifié, titulaire d’un label comme Handibat ou Silver Bat, est généralement indispensable.

L’intervention d’un ergothérapeute est aussi un atout majeur pour adapter précisément la salle de bain aux besoins réels de l’utilisateur.

Avant de signer un devis, vérifiez ces points : aire de rotation 1,50 m, porte 90 cm (passage utile 83 cm), circulation sans ressaut (max 2 cm), douche zéro ressaut (ou receveur extra-plat bien géré), sols antidérapants (glissance adaptée), siège à 45–50 cm, barres d’appui à 70–80 cm, WC à 45–50 cm + zone de transfert 80 x 130 cm, lavabo à 80–85 cm avec vide sous vasque. Ajoutez ensuite les “vrais plus” qui changent la vie : éclairage homogène, contrastes visuels, et, si besoin, domotique (détecteur de fuite, éclairage automatique).

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